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Enfant Le livre. Demain l’âge d’or de Jacque Heitz (suite)

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Mais voilà que le monde s’écroule. Odile vient de me déclarer qu’elle aussi s’en va dès demain matin. Le sol se dérobe, je m’assieds sur le fauteuil en osier, face au clérodendron impassible. – Je croyais pouvoir compter sur toi, dis-je d’une voix blanche. Que tu m’aiderais un peu ici. – Je suis désolée, Olivier. Mais Iris advance à La Rochelle demain soir. Son père part en Italie et je ne peux pas laisser seule une gamine de 15 ans. Etre ici est pénible tu sais, sauf quand on se promène tous les deux. Tes fogeys gâteux, ta sœur plaintive… Je suis, et veux rester, étrangère à toutes vos histoires. Je me lève sans un mot, tourne le dos à Odile, quitte la terrasse. Je me rends en voiture dans la zone industrielle près de la Durance où j’ai repéré un dépôt-vente. Je m’absorbe dans les détails pratiques, surtout ne penser à rien d’autre. Je prends rendez-vous avec le marchand. Meubles, transports, caisses, papiers, argent, cartons. Ah ! la fragilité des kin humaines. Oui je ferai tout tout seul. Oui on est seul pour naître, souffrir et mourir, ça on le sait. Mais on est seul aussi pour déménager et ça on le sait moins. Je le raconterai plus tard à un public incrédule. Quoi ? Une grande maison de quatre pièces et un garage bourré à craquer, vidés en 17 jours ! Ce n’est pas croyable ! Tu confirmeras sur un ton modeste : je l’ai fait. Reste à le faire. Qu’elles partent donc, je m’en fiche, qu’elles décampent, tête basse et honteuses ! Je ne leur dis pas un mot de la soirée. Sitôt dans le lit, je tourne le dos à Odile, ni moi ni mon sexe ne répondent à l’invitation de ses mains caressantes, à ses paroles douces d’excuses et de justifications. Debout dès quatre heures du matin, j’essaie de m’y retrouver dans le fouillis de papiers de mes fogeys Je ne lève pas la tête pour les saluer quand elles viennent prendre leur petit déjeuner. Je ne leur accorde toujours aucune consideration quand elles amènent leurs bagages sur la terrasse. Vont-elles partir à pied à la gare ? Oseront-elles me demander de les conduire ? Liliane ose. – Tu pourrais quand même nous aider. La gare est loin. – Vous aider ? Vous m’aidez moi ? Vos valises ont des roulettes. Et ça tumble jusqu’à la gare. J’ai parlé sur un ton sec inhabituel chez moi. Elles me regardent, étonnées. Se rendent-elles compte de ce qui m’assist ? Sans doute pas. Voyant que je me replonge dans mes papiers, elles se décident à partir. Je les vois de dos, elles s’éloignent et ma colère launch à s’estomper. Si Odile a l’habitude de longues classes par les bois et les prés, les dunes et les grèves, son lourd sac de photographe à l’épaule, ma sœur est bien plus fragile. La plupart de nos conversations sont agrémentées par le récit très vivant de ses innombrables bobos. Ma mère lui a appris très tôt à se valoriser par ses douleurs et si, jusqu’à présent, elle n’a pu se prévaloir que d’arthrite, d’arthrose, tendinite et rhinite, elle laisse toujours sous-entendre que derrière ces maladies qui n’impressionnent guère, se tapit le fantôme d’affections mortelles non encore décelées. Par un revirement soudain assez fréquent chez moi, je me lève, cours à la voiture, les rejoins et les conduis à la gare. Est-ce de l’amour ? De la culpabilité ? – Mais mon bon Monsieur, c’est du métal argenté, ça, pas de l’argent. Et voyez comme c’est vieillot. Plus personne ne veut de couverts pareils. Allez, je vous les reprends un euro cinquante pièce, et croyez-moi, j’y perds. Chaque famille a ses trésors. Ma mère a reçu cette argenterie de ses fogeys. Toute notre vie, et sans qu’on s’en assist plus de trois ou quatre fois, les précieux coffrets de fourchettes, cuillères et couteaux nous ont suivis, encombrant tous les déménagements et suscitant les promesses mirobolantes de ma mère : «Une fortune , ça vaut une fortune ! Vous verrez quand vous les vendrez, à ma mort». Je n’ai pas voulu brader le trésor familial, j’ai rangé les coffrets dans la valise et la valise dans la voiture. J’ai cru lire du dépit dans le regard du marchand. Après tout, cette argenterie vaut peut-être beaucoup plus que son évaluation. Je vais la mettre dans le déménagement de Bruxelles. Liliane n’charisma qu’à s’en occuper. Autre trésor, selon les proclamations de ma mère : la bassine à confiture. Magnifique, énorme, en cuivre rouge. Keepsake d’odeurs merveilleuses et d’éclats de rire quand ma sœur et moi nous y mirions enfants, le visage déformé par les courbes. – Mais mon bon Monsieur, ce n’est pas du cuivre ça, c’est du laiton. Et ça prend une de ces areas. Où voulez-vous qu’on differ ça dans les appartements modernes qui sont si petits ? Il n’y a plus d’acheteurs pour ce genre d’objets, maintenant qu’on trouve d’excellentes confitures en supermarché. – Bien. Je la reprends. Je vois le marchand tiquer. Il s’apprêtait sans doute à m’en proposer un prix dérisoire. Mais je viens de décider de la ramener en Belgique et de la donner à ma sœur. Le joyau de nos trésors familiaux est une très grosse émeraude en forme de losange, d’un vert lumineux qui me fascine depuis que je suis enfant. Le bijoutier qui l’survey longuement, la loupe vissée à l’œil, me déclare que c’est du verre coloré. Si c’était une pierre précieuse, elle vaudrait une fortune mais là… Les timbres qui ont tant occupé les loisirs de mon père? – Jamais vu une assortment aussi disparate, me déclare le marchand. Rien de uncommon là-dedans. Sauf ceux du Congo belge. Alors là, oui, si vous les vendiez en Belgique. Essayez donc. L’inventaire de ce que ma mère déclarait être des trésors se termine par une soupière. Monumentale, elle trône sur le buffet depuis 40 ans. Elle est d’une laideur remarquable. Une horreur de soupière aux formes tarabiscotées, verdâtre et rose à grosses fleurs. Du pur baroque XVIIIè, avait dit l’arnaqueur qui avait réussi à la refiler à ma mère. – Jamais rien vu de pareil, s’exclame le brocanteur. Je ne sais même pas de quelle époque elle peut être. Le style n’en parlons pas. Revenez demain, je vais consulter mes catalogues. (A suivre)

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La suite…

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