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Enfant Teddy Riner, hors normes

Enfant Teddy Riner, hors normes

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Teddy Riner, même seulement en bronze en poids lourds, a donné une dimension encore plus monumentale à sa stature déjà hors normes, aussi bien sur les tatamis qu’en dehors, en partageant l’or olympique de l’épreuve par équipe mixte avec les Bleus, samedi à Tokyo. Au bout d’une olympiade comme aucune autre, le colosse guadeloupéen n’est pas devenu le premier poids lourd triple champion olympique de l’histoire comme il l’ambitionnait. Mais, à la faveur de la nouvelle épreuve par équipe mixte, il rejoint néanmoins le Japonais Tadahiro Nomura, seul autre judoka trois fois médaillé d’or olympique, lui en poids légers (1996, 2000, 2004). Avec le bronze obtenu en +100 kg dès 2008, sa series de médailles olympiques devient document: avec cinq, il égale, à 32 ans, la légende japonaise Ryoko Tani, elle toutefois récompensée uniquement en individuel entre 1992 et 2008. Aux Mondiaux, ça fait déjà belle lurette que Riner n’a plus d’équivalent: depuis dix ans et son cinquième sacre côté messieurs, et depuis 2015 et son huitième, femmes et hommes confondus. Au complete, entre 2007, quand il est devenu le plus jeune judoka champion du monde, l’année de ses 18 ans, et 2017, il y a empilé dix couronnes, huit en +100 kg et deux en toutes catégories. Du jamais-vu. La “decima”, jalon symbolique du sport, lui tenait à coeur. “J’ai envie de marquer l’histoire de mon sport”, répète-t-il. Depuis son enfance, Riner, 2,03 m pour 140 kg environ à son poids de forme, évolue dans un corps hors norme. Avant d’en faire une arme fatale, il lui a fallu apprendre à l’apprivoiser. Quand il était encore bébé, “un jour, je l’ai mis sur la balance et il avait pris un kilo, j’ai ecu la trouille, j’ai couru chez le pédiatre”, raconte à l’AFP sa mère Marie-Pierre. “Il a poussé à la vitesse de l’éclair. En maternelle, il faisait déjà autour d’1,30 m”, se souvient-elle. “Un jour, il m’a dit: +Maman, elle est où, ma jam ? Quand je suis avec les grands, on me dit que je ne suis pas à ma jam, quand je suis avec les petits, pareil… Je dois jouer avec qui ?+ Quand un enfant vous dit ça, vous avez les larmes aux yeux!”, revit la maman, qui a consulté un psychologue pour enfants à l’époque. “J’ai toujours été conscient de la différence. Quand je prenais le métro, je voyais les regards sur moi tout de suite. J’ai appris à faire avec”, garde en mémoire Riner, entré à l’Insep dès quinze ans, une exception. Ce qui fait sa particularité, c’est qu’il conjugue silhouette imposante et vivacité et mobilité inhabituelles en poids lourds. Des qualités immédiatement repérées, quand il était encore adolescent, par Franck Chambily, son entraîneur depuis une quinzaine d’années qu’il qualifie de “deuxième père”. “C’était en 2005, on m’avait dit: +Vas voir, il y a un lourd qui n’est pas mal, coordonné, hors norme, raconte-t-il. Effectivement, dans ces catégories d’âge et de poids, on n’avait pas l’habitude de voir des costauds, et celui-là n’était pas un petit gros.” Sa réussite, Riner la puise aussi dans sa haine absolue de la défaite. “Pour lui, c’est un calvaire, c’est comme si on lui coupait un bras”, résume Chambily, qui prend l’exemple d’un tournoi juniors à l’Insep. “Il était cadet et il perd en demi-finale face au champion de France juniors. Et puis hop, il disparaît. Il avait fallu aller le chercher, il pleurait comme un gamin. Il n’avait pas gagné la médaille d’or, donc il ne voulait plus combattre.” En seniors, Riner, resté invaincu pendant 154 combats et près de neuf ans et demi entre septembre 2010 et février 2020, n’a connu que quatre défaites, la plus récente en quarts de finale en +100 kg vendredi, face au N.1 mondial Tamerlan Bashaev. “Il met de l’ambiance, il est très farceur, très pétillant, témoigne un de ses préparateurs physiques, Julien Corvo. Pour autant, c’est un acharné de travail. Très volontaire et très positif.” Au-delà des tapis, et au fil de la construction d’un palmarès d’exception, le champion, décrit à l’AFP comme “une force de la nature au sizable coeur” par son ami de jeunesse, l’ancien judoka Fred Escalante, s’est taillé une sacrée cote de popularité, qui lui vaut d’être convoité par les sponsors. En témoigne sa huitième jam au classement des cinquante personnalités préférées des Français fin 2020, établi par le Journal du dimanche, ou encore sa statue de cire au musée Grévin.

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